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16.07.2006
Leader of the pack, yeah !
La silhouette qui l'avait observé telle l'unique crevette d'une maigre pêche, s'était retournée vers le bastingage dès le premier hurlement de la sirène. On apercevait déjà le port de Hora, ville principale d’Andros, dans les recoins de laquelle se nichait la friandise que Raoul Ignacio envisageait de goûter. Petit à petit, on distinguait les maisons blanches agglutinées aux abords du débarcadère et, debout, faisant face au ferry surgissant, une colonie de femmes en noir gesticulant et criant « rrrrrooom, rrrrrooom ».
Raoul Ignacio, tout chaviré qu’il était par la proche rencontre, n’en oubliait pas sa nature de limier et se dirigea vers la ligne de hanche suspendue au parapet.
Il s’accouda près d’elle et reçu en pleine figure une volée de cheveux noirs qui lui cinglèrent les joues. L’affaire lui tournait la tête, le profil restait invisible. Puis, est-ce l’odeur de la sardine, est-ce une irrésistible attraction phéromonale, la créature pivota d’un coup et le scruta droit dans les yeux. Le nez ardent, les sourcils froncés, mais les yeux bleu marine… Une beauté divine.
Le ferry accosta, puis s’écarta brusquement du quai. Le capitaine qui sans doute avait abusé de retsina entama une marche arrière dont Raoul Ignacio n’eut pas le temps de comprendre le sens, il était déjà par terre, emmêlé dans les jambes et les cheveux de la capiteuse.
Dans sa chute et c’est là qu’on se dit que parfois les grandes mutations de la vie tiennent à peu de chose, il avait tenté de se rattraper à ce qu’il y avait de plus proche, c’est-à-dire la robe de la belle.
Ce qui un court instant, celui de l’introduction des iris bleus dans ses pupilles dilatées, semblait présager une rencontre furtive mais hautement chaleureuse, se transforma subitement en un pack rugbystique où pas une chatte n’aurait retrouvé ses petits. La robe faite tout entière d’un fil de coton beige tricoté au crochet se déchira mollement au point de rupture que l’index de Raoul Ignacio avait trouvé d’instinct.
Dans sa chute et c’est là qu’on se dit que parfois les grandes mutations de la vie tiennent à peu de chose, il avait tenté de se rattraper à ce qu’il y avait de plus proche, c’est-à-dire la robe de la belle.
Ce qui un court instant, celui de l’introduction des iris bleus dans ses pupilles dilatées, semblait présager une rencontre furtive mais hautement chaleureuse, se transforma subitement en un pack rugbystique où pas une chatte n’aurait retrouvé ses petits. La robe faite tout entière d’un fil de coton beige tricoté au crochet se déchira mollement au point de rupture que l’index de Raoul Ignacio avait trouvé d’instinct.
Tandis que le navire reprenait ses embardées sous les ordres contradictoires des hommes à quai, chaque mouvement de Raoul Ignacio dévidait la robe dont la trame retrouvait l’état originel de simple fil. La belle, prise au piège de ses propres appâts et bien qu’un peu sonnée par le choc, gigotait, vociférait, griffait et le pauvre Raoul se retrouva vite échevelé, livide au milieu de la tempête. La fille couverte désormais d’un p’tit haut beige sans grande utilité pour préserver sa pudeur se colla à Raoul Ignacio comme seul rempart aux sourires goguenards des passagers alertés par le spectacle. Le ferry semblait bien arrimé, il allait falloir débarquer.
16:10 Publié dans NotaV. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, *de tout et de rien*



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