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13.07.2006
Double zéro
La Thunderbird rose modèle Roadster 1956 de Raoul Ignacio fonçait à vive allure sur les routes poudreuses d’Andros. En regardant dans le rétroviseur, il remarqua que ses Ray Ban Aviator Blue Mirror Fadded Silver étaient un tout petit peu de travers, - il les redressa -, et que sur son front une mèche de ses cheveux noirs formait comme un accroche-cœur sous les assauts du vent.
Il se sentait bien au creux de son siège gainé cuir, brun et blanc. Quelque part, au loin, une colonie de goélands chassait l’éperlan, une sterne et deux albatros faisaient des concours de piqué et sur la ligne des crêtes, les pales des moulins jouaient les sémaphores pour orienter Quichotte.
Il se sentait bien au creux de son siège gainé cuir, brun et blanc. Quelque part, au loin, une colonie de goélands chassait l’éperlan, une sterne et deux albatros faisaient des concours de piqué et sur la ligne des crêtes, les pales des moulins jouaient les sémaphores pour orienter Quichotte.
La capote abaissée lui ouvrait une vue circulaire sur l’ensemble du paysage. Mais il était bien trop concentré pour s’étendre sur le sujet. Un nuage de poussière marquait son sillage. Pas un âne à la ronde qui ose le suivre. Il était vraiment seul au monde.
Il ajusta son foulard en soie et cachemire acheté à Genève chez Burbles & Burbles et vérifia les revers de son costume en lin ficelle qu’il avait eu à New York pour une poignée de dollars chez Sachs sur la 5ème avenue, juste après un coquetèle au Metropolitan Museum.
Il remarqua qu’une légère trace de poussière marquait le pli de son pantalon et se promit de le remettre à Magdalena, la ménagère, dès son arrivée.
D’un geste précis et affirmé, il glissa l’ongle de son auriculaire gauche entre deux de ses dents qu’il venait de faire refaire chez Buena Salud, le meilleur prothésiste de Madrid, puis fit glisser avec sa langue un brin des carottes râpées resté coincé depuis le déjeuner. Prévoyant, il s’était mis au carotène y vitamine A un mois avant son séjour en Grèce pour préparer sa peau au bronzage, et les soutes du yacht regorgeaient de légumes frais achetés au Deli’ de chez Harrods’. A Londres, évidemment.
D’un geste précis et affirmé, il glissa l’ongle de son auriculaire gauche entre deux de ses dents qu’il venait de faire refaire chez Buena Salud, le meilleur prothésiste de Madrid, puis fit glisser avec sa langue un brin des carottes râpées resté coincé depuis le déjeuner. Prévoyant, il s’était mis au carotène y vitamine A un mois avant son séjour en Grèce pour préparer sa peau au bronzage, et les soutes du yacht regorgeaient de légumes frais achetés au Deli’ de chez Harrods’. A Londres, évidemment.
La fatigue commençait à se faire sentir, Raoul Ignacio marinait dans son jus et sentait une légère humidité envahir son entrejambe. Sa dernière nuit passée avec Mélina et Maria l’avait littéralement lessivé. Le décalage horaire, de mauvais canapés à la sardine et d’incroyables contretemps douaniers avaient eu raison de sa belle santé. Il était temps d’arriver.
Hora apparut au loin, puis le port. Il entra à tombeau ouvert dans les ruelles heureusement désertes de la ville. Puis, tout à coup, un âne surgit au carrefour. Le choc fut brutal, frontal. Raoul Ignacio n’eut que le temps de piler. L’animal percuté en plein élan, l’odeur de la carotte sans doute, fit un vol plané au-dessus du capot de la Thunderbird en niquant du même coup les optiques. Raoul Ignacio, partagé entre son amour des bêtes et sa passion des autos, ne su que faire entre laisser l’animal écartelé sur la banquette arrière et le dégager dare-dare pour préserver le cuir brun et blanc de la vue du sang.
En plein conflit psychique, il s’évanouit.
C’est une paire de claques issue des mains cossues de Madame Ephkaristopoli qui le ramena dans sa chambre, sous la lumière tragique de l’ampoule 100 W de chez Vival 7/7, pendant que Maria mouchait sa flamme.
C’est une paire de claques issue des mains cossues de Madame Ephkaristopoli qui le ramena dans sa chambre, sous la lumière tragique de l’ampoule 100 W de chez Vival 7/7, pendant que Maria mouchait sa flamme.
00:55 Publié dans NotaV. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, *de tout et de rien*




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