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10.07.2006
Mouton Noir
Le grand moustachu esquissa un sourire qui fit jaillir un superbe éclat émail diamant. Faut dire que la gencive était sombre et quand la gencive est sombre, par contraste la dent est plus blanche.
Kefka le grand grec était de retour. Mais camouflé.
Bien des années plus tôt, il avait fui. Sa femme d'abord, ses enfants ensuite et son île dont il avait fait le tour.
La Grèce en ces temps anciens était devenue l'escale de choix de bien des villégiatures et Kefka découvrit que la terre ne se limitait pas à Andros. De partout, débarquaient des créatures blondes à la peau rosée, rousses à la peau blanche, et brunes… bon ça y’en avait assez sur place. Ce qui signifiait que si des physionomies si différentes existaient, c’est qu’ailleurs on vivait différemment. Oui, Kefka était doué de réflexion.
Quelques iotes jetèrent l’ancre dans le port et le souvlaki, qui pourtant n’était qu’un vulgaire sandwich, devint l’emblème de la Grèce entière puisque pas une blonde bronzée emperlousée amarrée ne s’abstint désormais d’en prendre au moins un par jour au comptoir du vieux Zoubi. Kefka observait la chose non sans stupéfaction, compte tenu de la difficulté à croquer dans la pita sans faire dégouliner sur le menton la fameuse sauce au yaourt.
Kefka le grand grec était de retour. Mais camouflé.
Bien des années plus tôt, il avait fui. Sa femme d'abord, ses enfants ensuite et son île dont il avait fait le tour.
La Grèce en ces temps anciens était devenue l'escale de choix de bien des villégiatures et Kefka découvrit que la terre ne se limitait pas à Andros. De partout, débarquaient des créatures blondes à la peau rosée, rousses à la peau blanche, et brunes… bon ça y’en avait assez sur place. Ce qui signifiait que si des physionomies si différentes existaient, c’est qu’ailleurs on vivait différemment. Oui, Kefka était doué de réflexion.
Quelques iotes jetèrent l’ancre dans le port et le souvlaki, qui pourtant n’était qu’un vulgaire sandwich, devint l’emblème de la Grèce entière puisque pas une blonde bronzée emperlousée amarrée ne s’abstint désormais d’en prendre au moins un par jour au comptoir du vieux Zoubi. Kefka observait la chose non sans stupéfaction, compte tenu de la difficulté à croquer dans la pita sans faire dégouliner sur le menton la fameuse sauce au yaourt.
Néanmoins une idée germa dans son esprit, et lui qui n’avait jamais mis les pieds à la cuisine devint l’aide de sa femme qui s’interrogea alors sur sa fidélité. Il apprit donc à faire la pâte à pita, à préparer les sauces, à couper les oignons, à griller le mouton et captura au passage le secret de sa femme: la pointe de muscade finale.
Une fois initié, il laissa une longue lettre : « je m’en vais », prit ses cliques et ses recettes et embarqua sur le ferry boat. Il traversa l’Europe et arriva en France bien décidé à empoigner la vie, le coeur léger et le bagage mince, il était certain de conquérir Paris. Il se voyait déjà en tablier blanc, les mains sur les hanches devant son restaurant, « le souvlaki » écrit en dix fois plus gros que le voisin, il se voyait déjà adulé et riche, signant ses photos aux admirateurs qui se bousculaient.
Et c’est ce qu’il advint de Kefka.
01:20 Publié dans NotaV. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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